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Habitat inclusif : Nous voulons être
identifiés comme un nouvel acteur

Implantée dans le Grand-Est, la société Résidences comme Toit projette de créer des habitats inclusifs pour les personnes handicapées dans toute la France et a conclu, à cet effet, un partenariat avec le Réseau APA début juillet. Explications avec sa directrice, Valérie MELLÉ.

Article rédigé le 26 juillet 2021 par Noémie COLOMB
@LEMEDIASOCIAL.FR

À propos du projet
Résidences Comme Toit ?

Valérie MELLÉ : Il s'agit de construire des lieux de vie destinés à des personnes handicapées au cœur de la cité. Dotées d'une trentaine d'appartements meublés, adaptés et domotisés, ces résidences, conçues selon le label Habitat et Handicap (1), visent à accueillir des personnes handicapées physiques mais également porteuses de déficience intellectuelle légère ou de handicap psychique.

Pour cela, un Service d'Aide et d'Accompagnement à Domicile (SAAD) y sera présent 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Nous travaillons depuis plus de deux ans sur ce projet et les deux premières résidences ouvriront leurs portes en 2023, l'une à Montigny-lès-Metz en Moselle, l'autre à Vierzon dans le Cher. Au total, 40 projets sont sur les rails dans différentes régions : Normandie, Nord, Centre, etc.

Quels sont vos liens avec le secteur social et médico-social ?

Valérie MELLÉ : Résidences comme Toit est une société par actions simplifiée (SAS) financée par des investisseurs privés mais qui œuvre en collaboration avec le secteur associatif social et médico-social. Nous sommes en train de signer des conventions de partenariat avec différents acteurs qui partagent nos valeurs, en particulier la volonté de rendre notre offre accessible à tous dans le respect du bien-être des personnes.

Ainsi, le 5 juillet, une convention a été signée avec le Réseau APA qui va intervenir comme SAAD au sein de nos résidences. Concrètement, il y louera un local de 100 m² pour réaliser cette présence en continu. Plus globalement, notre développement s'inscrit dans une démarche collaborative avec l'ensemble des parties prenantes, y compris les Conseils Départementaux et les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH).

Comment le projet de vie sociale sera-t-il organisé?

Valérie MELLÉ : Dans le Grand-Est, nous avons conclu un partenariat avec APF France handicap, qui sera chargée de mettre en place le projet de vie sociale au sein des premières résidences. Nous espérons signer des conventions avec toutes les antennes locales d'APF France handicap dans les autres régions. Pour financer ce projet, l'association pourra solliciter des crédits gouvernementaux, qu'il s'agisse du forfait habitat inclusif versé par les Agences Régionales de Santé (ARS) ou de l'Aide à la Vie Partagée (AVP) expérimentée par certains départements.

Au-delà, nous nous rapprochons de l'ensemble du champ du handicap pour faire connaître notre offre, pour trouver de futurs locataires handicapés et pour les accompagner vers cet emménagement. Les personnes sont en effet recrutées deux ans avant la livraison de la résidence, ce qui leur laisse le temps, avec les professionnels qui les soutiennent mais aussi avec leurs proches aidants, de se préparer à ce changement de vie.

L'une de vos préoccupations est l'absence de reste à charge pour le locataire handicapé …

Valérie MELLÉ : Nous souhaitons rendre notre offre accessible au plus grand nombre, quel que soit l'âge de la personne, son type de revenu ou sa situation familiale. Les locataires pourront en effet vivre en couple ou en famille dans nos résidences. Ils paieront leur loyer avec leurs ressources (salaires, Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), Aide Personnelle au Logement (APL), etc.) mais nous nous engageons à ce qu'il leur reste plus de 40% de ces ressources après le versement de leur loyer. Pour être accompagnés au quotidien, ils mutualiseront une partie de leur PCH (Prestation de Compensation du Handicap), ce qui permettra de financer le SAAD.

Quelle est votre ambition dans les années à venir ?

Valérie MELLÉ : Notre objectif est de couvrir l'ensemble du territoire. Nous avons, dans chaque région, un professionnel référent qui connaît bien le secteur du handicap (ergothérapeute, infirmière…) et qui est chargé de développer notre modèle sur le territoire. Pour cela, ils rencontrent actuellement l'ensemble du tissu associatif social et médico-social pour leur faire connaître notre projet. Cette démarche doit nous permettre, à l'avenir, de créer une Résidence comme Toit par département, soit une centaine de structures. Face à la pénurie de logement adapté dans le milieu ordinaire pour les personnes handicapées et à l'heure où l'habitat inclusif est fortement porté par le gouvernement, nous voulons être identifiés comme un nouvel acteur !

 


 

(1) Le label Habitat et Handicap a été conçu par la société Résidences comme Toit. Il porte des exigences en matière de situation géographique (proximité des transports en commun, des commerces, des centres médicaux, des lieux de loisirs…), de choix des matériaux de construction et des équipements, et d'aménagement intérieur et extérieur.

« Nous partageons la vision humaniste de ce projet », Matthieu DOMAS, directeur général du Réseau APA

Nous portons des projets d'habitat inclusif pour les personnes handicapées depuis près de 15 ans et avons l'habitude d'accompagner ce public à leur domicile. Lorsque nous avons rencontré les dirigeants de Résidences comme Toit, nous avons apprécié leur vision humaniste de l'accompagnement des personnes handicapées. Cette attention irrigue à la fois leur projet immobilier à travers la création de logements accessibles et agréables à vivre, mais également leur modèle économique qui cherche à limiter le reste-à-charge des locataires.

Notre partenariat nous engage à assurer le service d'aide et d'accompagnement à domicile de l'ensemble des résidences qui vont voir le jour. Notre accompagnement, qui mobilisera une équipe de six à huit professionnels par résidence, sera tant individuel pour les gestes de la vie quotidienne que collectif avec la mise en place d'actions de groupes.

Nous interviendrons directement ou, dans certaines régions, nous ferons appel à des partenaires pour réaliser cette prestation. Dans la mesure où notre financement reposera sur la PCH (Prestation de Compensation du Handicap) des locataires (dont une partie sera mutualisée), les discussions avec les Conseils Départementaux sur le niveau de tarification horaire seront, dans les mois à venir, cruciales.